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Seyni Ndao, DG OFOR: «Nous allons accélérer le processus de renouvellement des ouvrages»


Mardi 21 janvier 2020

Avec un parc hydraulique qui compte 2.000 forages ; ce qui porte le taux de couverture à plus de 91 %, en milieu rural, l’entretien et la maintenance restent un défi à relever. Le directeur général de l’Office des forages ruraux (Ofor), Seyni Ndao, rassure que cette problématique est en train d’être prise en charge, conformément à la directive du chef de l’État. Il se félicite de la diminution des ruptures de service dans les zones affermées.

Pouvez-vous nous faire le point sur les ouvrages hydrauliques réalisés en milieu rural avec les nombreux programmes de construction de forages ?
L’État du Sénégal a fait beaucoup d’efforts en termes de construction des forages. Plus de 600 forages ont été construits depuis 2012 par le Programme d’urgence de développement communautaire (Pudc). En plus de cela, il y a d’autres programmes. Lorsque le Président Macky Sall accédait à la magistrature suprême, le parc comptait 1.300 forages. Aujourd’hui, nous sommes à 2.000. Ces réalisations ont porté le taux de couverture à plus de 91 % en milieu rural. Nous avons d’autres programmes en perspective avec les bailleurs de fonds comme la Badea pour les Iles de la basse Casamance, et un programme avec le Fonds saoudien à Kaffrine et à Louga. Nous pouvons aussi citer le programme avec la coopération espagnole à Matam. Nous sommes en train de dérouler d’autres programmes avec la Bid à Tambacounda et à Kolda. Nous avons signé un autre programme avec l’Usaid, cette année, pour un montant de plus de 4 milliards de FCfa. Mais il y a des zones qu’il faut encore doter. C’est la raison pour laquelle, la délégation de service public devrait le faciliter. Nous devons donc faire face à plus de charges liées à l’entretien et à la maintenance des ouvrages.

Quelle est la place de l’entretien et de la maintenance dans votre feuille de route ?
La maintenance et l’entretien occupent une place importante dans notre feuille de route. Cette année, c’est l’un de nos chantiers prioritaires. Ce sont des charges qui pèsent sur notre budget car la délégation de service public n’est pas totalement achevée. Et comme les Associations des usagers des forages ruraux (Asufor) et les comités de gestion n’épargnent pas suffisamment, pour remplacer une pompe ou un groupe électrogène qui tombe en panne, nous ne pouvons pas laisser les populations avec ces ruptures de service. L’État est obligé, à travers l’Ofor, de venir en appui. Mais ce n’est pas facile de stocker autant de pièces pour plus de 2000 forages. En milieu d’année, il peut arriver que nous ayons une rupture de stock. Le chef de l’État nous a sommés de réparer tous les forages à l’arrêt et à renouveler les ouvrages de certains forages qui n’ont plus le débit requis. Nous avons pris les dispositions nécessaires pour faire face à cette directive. Nous avons inscrit, dans notre budget de 2020, le renouvellement d’une trentaine de forages. Mais il faut aussi l’achat d’équipements.
En dehors du Bci, plus de 2 milliards de FCfa seront consacrés à ces opérations, dans le Programme eau et assainissement en milieu rural (Peamir). Nous allons dégager un montant important pour faire face à la réhabilitation de ces ouvrages. Nous avons 22 milliards de FCfa pour l’extension du réseau et le maintien des ouvrages, entre autres. Nous sommes sur la voie de la prise en charge de la directrice du Président de la République. Maintenant, il va falloir accélérer le processus.

Est-ce qu’il y a une diminution des ruptures de service ?
Il y a une diminution des ruptures de service dans les zones affermées. Nous cherchons à faire en sorte que les opérateurs puissent respecter le cahier de charges. Il s’agit, entre autres, de réparer les pannes dans des délais. En plus, nous faisons en sorte que les opérateurs puissent assurer l’entretien et la maintenance. Toutefois, la remise à l’état de certaines infrastructures incombe à l’État.

Dans certaines zones, le prix du mètre cube est jugé élevé. Qu’en est-il réellement ?
Nous devons continuer à mieux expliquer la Délégation du service public et aussi la tarification. Il y a une étude qui a été réalisée avant le démarrage du service public qui a révélé une disparité du prix de l’eau. Dans certaines zones, le prix du m3 cube était de 300 FCfa alors que dans d’autres localité, le mètre cube était à 350 FCfa voire 400 FCfa. Tout était fonction de la prise en charge ou non de certains aspects comme l’entretien ou la maintenance des ouvrages. Il y a des Asufor qui ne pouvaient pas assurer l’entretien ni la maintenance parce qu’elles n’épargnaient pas suffisamment pour supporter les coûts de l’entretien du forage.
Lorsque nous faisions la moyenne, le mètre cube tournait autour de 350 FCfa. Si nous devons appliquer les prix recommandés par l’étude, cela devrait coûter trop cher. Le prix du mètre cube pourrait avoisiner 400 francs ; ce qui pourrait poser des problèmes en milieu rural. C’est pour cela que l’État a tenu compte du pouvoir d’achat des populations et des charges des opérateurs.
Les délégations de service public ont fait l’objet d’un appel d’offres international. L’État a appliqué 250 francs pour les ménages qui consomment 80 % de la production et 200 CCfa pour les maraîchers et le bétail. Certains peuvent estimer que ces prix restent élevés. Mais leur application intègre le renouvellement des pièces. Avec certaines grilles tarifaires, il serait difficile de prendre en charge la réparation des ouvrages. Il faut l’intervention de l’État pour d’autres réparations. Si nous prenons 200 FCfa et si nous le comparons avec les tarifs appliqués en milieu urbain, nous pouvons dire que c’est la moitié. Dans les villes, il y a trois tranches sociale avec le mètre cube qui tourne autour de 200 FCfa pour la tranche sociale et qui peut aller jusqu’à 800 FCfa m3. Ceux qui sont dans la tranche sociale, ce sont de petites familles. En milieu rural, ceux qui payaient 200 FCfa peuvent estimer que c’est cher. L’appréciation est mitigée. Nous devons continuer à communiquer et à sensibiliser les populations pour disposer d’un service de qualité et prévenir les ruptures de service.

(Avec Idrissa SANE - Le Soleil)