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Accès à l'eau potable à Mérina Pakane : un nouveau jour se lève sur 13 villages


23/07/2017

Le Directeur Général de l’Office des Forages Ruraux (OFOR), le maire de Médina Gounass et le représentant du ministère de l’Economie, des Finances et du Plan ont inauguré le forage couplé à un château à Médina Pakane. Ces ouvrages brisent le long cycle de pénurie d’eau dans 13 villages de la commune de Médina Gounass.  Les ouvrages ont été financés par l’Union Européenne.

Médina Pakane. Ce village ne vous dit pas grand-chose. Mais il apparaît sous un nouveau jour. Ce jeudi 20 juillet 2017, le ciel était couvert de nuages. La nature apporte sa bénédiction à l’inauguration des ouvrages en adoucissant les températures. Situé à 10 km de la cité religieuse de Médina Gounass,  Médina Pakane n’aura plus un souci d’approvisionnement en eau potable. La vraie vie commence à Médina Pakane. Dans le passé, des femmes étaient soumises à un calvaire imposé par le manque de la denrée précieuse. Des femmes étaient  obligées de déployer toute leur énergie pour apporter la vie aux autres membres des ménages. Le forage d’un coût de 185.892.357 francs CFA financé par l’Union Européenne abrège la souffrance de toute une communauté.

L’ouvrage tire des milliers de personnes d’un régime hydrique contraignant. Au-delà de l’inauguration, l’ouvrage hydraulique entre en ligne de compte de la création des conditions de transformation socio-économique de cette localité située dans l’arrondissement de Bonconton, commune de Médina Gounass, dans la région de Kolda. Le Directeur Général de l’OFOR,  Monsieur Lansana Gagny Sakho et le maire de Médina Gounass, Monsieur Seydou Bâ, par ailleurs, frère du Khalife de la cité religieuse ont pris part à l’inauguration riche en couleurs.

Les premières victimes ont étalé leur soulagement à travers leur chorégraphie. Les chants et les danses conjurent à jamais un passé noir, une période où elles ne fermaient pas l’œil parce qu’elles étaient dans une psychose. Le soulagement était le sentiment partagé. Rien n’est emphatique. Les inaugurations ressemblent à la célébration d’une nouvelle vie. C’est à juste raison. La partie visible de l’ouvrage, c’est bien ce beau château d’eau qui culmine à 25 mètres. Il s’élève majestueusement au-dessus des chaumières de Médina Pakane.

Les ouvrages rompent  le cycle de transmission du fardeau de la corvée d’eau. Ce jour de fête, les confessions des femmes  électrisent les interlocuteurs. Leurs mains portent les marques indélébiles de l’effort physique déployé pour tirer l’eau des puits. Rutilante de sueur Marima Bâ nous plonge dans un passé non lointain. «Les femmes portaient tout ce fardeau. Il fallait se réveiller tôt pour espérer avoir de l’eau pour laver les enfants et pour les besoins de la consommation de la famille. Nous fournissions des efforts physiques qui fragilisaient  notre santé», confesse Mariama Bâ.

Le jour commençait tôt pour ces femmes. Elles se réveillaient à 5 heures. Elles se  rendaient aux puits où elles pouvaient passer des heures. Les aubes étaient immuables au fil des décennies. «Nous pouvions mettre des heures sans avoir suffisamment d’eau pour la famille. Mais c’était plus dur durant la saison sèche», confie Fatoumata Mballo. Aujourd’hui, c’est une  autre aube qui pointe à l’horizon.  Médina Pakane a désormais de beaux jours devant lui. L’espoir d’une vie meilleure ne sera pas un idéal. Il est déjà une réalité. Le recul des maladies associées à l’insalubrité ou au déficit de l’eau, la relance des activités maraichères sont les attentes des populations. C’est du moins l’avis du chef de village, Thierno Ibrahima Baldé. Mais Médina Pakane peut être considéré comme l’épicentre de la réparation d’une inéquité. Puisque ces ouvrages serviront 13 autres villages pour une population estimée à plus de 2725 habitants.

L’autre paire de la manche, c’est la gestion des ouvrages. La longue corvée impose une implication de toute la communauté.  C’est dans ce sens que le maire a axé son intervention. Le maire de Médina Gounass, Monsieur Seydou Bâ a lancé un appel pour l’implication de tous dans la gestion des ouvrages hydrauliques construits à Médina Pakane avec l’appui financier de l’Union Européenne. «Le devoir de chacun, c’est de veiller à la préservation de ces infrastructures. Le Président de la République, Son Excellence,  Macky Sall est au chevet des populations. Le gouvernement et ses partenaires ont consenti beaucoup d’argent pour la réalisation de ces ouvrages. Il revient aux populations de bien les entretenir», conseille le maire de Médina Gounass.